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Découvrez nos actions de sensibilisation 

Le récif des hermelles de Sainte-Anne

Présentation du récif et de nos actions

L'hermelle est un ver marin polychète et bio constructeur. Il agglomère à marée haute autour de lui du sable et des débris coquilliers afin de construire un tube dans lequel il vivra tout au long de sa vie. Les matériaux sont colmatés par une colle biologique sécrétée par le vers. Le tube dans lequel vivent les vers n’est pas très large (seulement 2 à 4 mm de diamètre). Les matériaux sont prélevés, calibrés et encollés de ciment avant qu'il soit déposé au bord du tube. Comme les tubes sont très friables, les vers vont se regrouper en très grand nombre afin de former une concrétion, ces dernières peuvent regrouper 15 000 à 60 000 individus au mètre carré. Il existe deux récifs en baie du Mont-Saint-Michel, l'un le long des côtes normandes au pied des falaises de Champeaux et un second coté breton en face de la chapelle Sainte-Anne. Le récif breton est le plus grand récif d'Europe et le plus grand du monde pour l'espèce Sabellaria alveolata.  

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Fiche d'identité de l'espèce 

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Nom français : Hermelle

Nom latin : Sabellaria alveolata

Taille : Vers de 3 à 5 cm. Les structures quant à elles peuvent atteindre près de 50 centimètres à 1m de hauteur sur le récif de Sainte-Anne.  

Longévité : Près de 50% de la population parvient aux 3 ans d’espérance même si certains individus observés avaient jusqu’à 7 à 8 ans.

Régime alimentaire : Les vers sont suspensivores c’est-à-dire qu’ils vont se nourrir grâce à leurs tentacules ciliées situées autour de leur bouche pour attraper des particules fines en suspend à marée haute comme le plancton, les diatomées, les matières organiques, les matières en décomposition, les bactéries et micro-phytoplancton.

Localisation : Mer du Nord, Manche, côte Atlantique, mer Méditerranée. En France, on en observe deux récifs en baie du Mont-Saint-Michel (récif de Sainte-Anne coté 35 à 6 km de trait de côte en mer et de Champeaux coté 50) Vendée (St Gilles Croix de Vie), Noirmoutier, Oléron, Ile d'Yeu, Arcachon….

Reproduction

On observe deux périodes de pontes : mars/avril et juin/juillet/août. La femelle émet entre 300 000 à 600 000 œufs qui seront expulsés hors du tube et seront fécondés dans l’eau de mer par le mâle (via fécondation externe). Les larves resteront pélagiques jusqu’à 11 semaines puis commenceront leurs vies benthiques à la recherche d’un endroit pour construire leurs tubes toujours à proximité des tubes déjà existants où se trouvent les adultes : ce sont des espèces grégaires (attraction des jeunes par une substance chimique présente dans les tubes des vers adultes). Chaque tube est fait sur-mesure par chaque ver et ne peut être colonisé par d’autres individus.

Biodiversité

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Le récif d’hermelle est un ilot de biodiversité pouvant regrouper près de 50 à 70 espèces animales différentes (en baie du Mont-Saint-Michel). Algues, invertébrés, crustacés, mollusques, annélides, bryozoaires ou encore ascidies y sont présentes. D'autres hôtes plus mobiles, crevettes, crabes, poissons, viennent aussi y chercher nourriture et abri. Le récif présente de nombreuses fentes et microcavités très favorables aux espèces qui viennent y trouver refuge. Cet habitat est également un lieu de nourrissage très apprécié. Leurs œufs et larves (stade planctonique) sont très appréciés des prédateurs. De plus, les tubes représentent une réserve importante de calcaire (débris coquilliers) à l'échelle de la baie. 

Les menaces

L’hermelle est une espèce très sensible et vulnérable. En effet, d’un point de vue climatique les vers sont très sensibles aux variations de température et surtout au froid. De plus cette espèce est assez contradictoire car il lui faut assez de courant pour maintenir un apport régulier et constant de sédiments pour la construction de leurs tubes mais pas de trop car un trop fort hydrodynamisme pourrait entrainer la destruction du récif.

Quelques zones du récif de Sainte-Anne sont ensevelies sous le sédiment qui s’accumule entre les concrétions d’hermelles. On observe également des zones recouvertes par les algues ou les bivalves non fouisseurs (huîtres/moules). Même si ces coquillages représentent une pêche « facile » pour les pêcheurs à pied de loisir qui fréquentent le site, ces coquillages doivent rester à leur place. En effet, la récolte des espèces entraine l’arrachage du récif or la destruction de l’hermelle est interdite et repréhensible.

Le suivi scientifique - cartographie du récif

Le Centre de découverte de la baie du Mont-Saint-Michel travaille avec Nantes Université pour cartographier le récif par drone. Le professeur Laurent BARILLE ainsi que son équipe de chercheurs se sont déplacés les 3 et 4 mars 2022 afin de commencer les relevés sur le récif de Sainte-Anne. Durant ces deux jours l’équipe de l’Université de Nantes va cartographier avec un drone le récif (si possible la totalité) et mettre en place plusieurs quadrats afin de relever le taux de recouvrement des épibiontes sur l’habitats. Cette étude s’intègre au programme BICOME. L’objectif est d’avoir une idée précise de la surface du récif ainsi que de son évolution.

Par la suite l’Ecole Professionnelle des Hautes-Etudes (EPHE) de Dinard est venue pour la deuxième année à la Maison de la baie pour réaliser des relevés sur le récif des hermelles de Sainte-Anne. Cette année, les scientifiques de l’équipe  d'Antoine COLLIN et Dorothee JAMES sont venus le 21 mars pour effectuer un relevé LIDAR par drone sur le récif. Pour compléter ce relevé, les animateurs de l’association ont fait des prises de vue du récif pour affiner les informations récoltées par le drone. D’après l’article de presse, le récif serait en régression mais il nous faut plusieurs années pour pouvoir affirmer ses propos. Ils reviendront l‘année prochaine pour continuer le suivi.

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Le suivi de la sensibilisation

Depuis plusieurs années, l'association participe à la mise en place de plusieurs suivis comme celui de la pêche à pied de loisir entre 2019 et 2022 et celui de la sensibilisation entre juillet 2022 et septembre 2023 financé par l'OFB sur financement LIFE MAHRA. 

Le suivi de la sensibilisation sur le récif de Sainte-Anne se base sur le travail réalisé par Maxime SPAGNOL, médiateur de l'estran sur le récif de Champeaux coté normand. Le suivi se divise en deux partie : la première consiste à aller à la rencontre des pêcheurs pour les sensibiliser sur la pêche à pied et le récif. La deuxième consiste à sensibiliser les jeunes du territoire en réalisant des randonnées pédestres pour découvrir le récif avec les collégiens et lycéens de la baie. Des comptages des pêcheurs à pied sont également réalisés lors des marées de sensibilisations. 

Lors des enquêtes, nos enquêteurs distribuent des réglettes et posent quelques questions aux pêcheurs pour évaluer leurs connaissances et leurs pratiques de pêche comme la l'espèce recherchée, l'outil de mesure utilisé ou encore le respect de la maille et du quotas. Ils évaluent également le niveau de connaissances des pêcheurs sur le récif naturel, si ils dégradent le récif...

Des stands d'informations, articles de presses, publications sur les réseaux sociaux ou encore des formations auprès des professionnels du tourismes sont utiles pour sensibiliser le plus grand nombre. 

L'ensemble des résultats collectés sont visibles sur la plateforme de données ESTAMP de l'OFB. Un bilan a également été rédigé. 

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